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DRH Remplacé vs DRH Augmenté. L’Intelligence Artificielle est-elle une menace ou une alliée pour les responsables des Ressources Humaines en Afrique ?

Après avoir été largement démocratisée dans des départements tels que le Marketing, le Service Client ou les Finances, l’Intelligence Artificielle s’invite désormais au cœur des fonctions Ressources Humaines (ou Capital Humain). Que ce soit au niveau du recrutement, de la gestion des talents, de la formation, de l’évaluation de la performance, ou même de l’engagement des collaborateurs, aucun pan de la fonction RH n’échappe à cette vague technologique.En Afrique, cette transformation suscite des réactions contrastées. Pour certains responsables RH, l’IA représente une opportunité majeure de modernisation. Pour d’autres, elle apparaît comme une menace pour les métiers, les pratiques et même la légitimité de la fonction.

Bien évidemment, la réalité est plus nuancée. L’IA n’est ni un ennemi ni une solution miracle. Elle agit avant tout comme un révélateur des forces et des faiblesses des organisations RH.

 

Une fonction RH sous pression croissante

Les directions des Ressources Humaines en Afrique évoluent dans un environnement de plus en plus exigeant. Elles doivent en outre répondre simultanément à plusieurs impératifs : attirer et retenir des talents rares, accompagner la transformation des métiers, améliorer la productivité, maîtriser les coûts et contribuer plus directement à la performance globale de l’entreprise.

Dans de nombreux groupes, la fonction RH est également confrontée à une attente forte de professionnalisation et de crédibilité stratégique. Les dirigeants attendent désormais des DRH qu’ils soient capables d’anticiper les besoins en compétences, de piloter la performance humaine et d’éclairer les décisions de transformation.

C’est donc dans ce contexte tendu que l’IA fait son entrée.

 

Pourquoi l’IA peut être perçue comme une menace

La crainte principale exprimée par certains responsables RH concerne l’automatisation. En effet, des outils capables de trier des CV, de présélectionner des candidats, d’analyser l’engagement des collaborateurs ou de générer des rapports RH en quelques secondes donnent le sentiment que certaines missions historiques de la fonction pourraient perdre de leur valeur.

Cette perception est renforcée par deux facteurs.

·       d’une part, l’intelligence artificielle remet en question des pratiques souvent très manuelles et chronophages ;

·       d’autre part, elle introduit une culture de la donnée et de la mesure dans une fonction historiquement fondée sur l’intuition, l’expérience et la relation humaine.

Pour les organisations RH qui n’ont pas engagé leur transformation, l’IA peut donc effectivement apparaître comme une menace, non pas parce qu’elle remplace les DRH, mais parce qu’elle expose les limites de modèles devenus obsolètes.

 

L’IA comme levier de crédibilité et de performance RH

Pourtant, lorsqu’elle est bien utilisée, l’intelligence artificielle constitue un formidable levier pour renforcer la fonction RH. Elle permet d’automatiser les tâches à faible valeur ajoutée, libérant ainsi du temps pour des missions plus stratégiques telles que le développement des compétences, l’accompagnement du leadership, la gestion du changement, le dialogue social.

En outre, grâce à l’IA, les RH peuvent également devenir plus analytiques et prédictives. Anticiper les risques de démissions, identifier les compétences critiques de demain, personnaliser les parcours de formation ou mesurer l’impact réel des politiques RH devient en effet plus accessible, même dans des contextes complexes.

Loin donc de déshumaniser la fonction, l’IA peut au contraire redonner du sens au rôle du DRH, en recentrant son action sur l’humain, là où il crée le plus de valeur.

 

Une spécificité africaine à ne pas sous-estimer

En Afrique, l’adoption de l’IA dans les RH doit toutefois tenir compte de réalités spécifiques.Selon que l’on se situe à Douala ou à Johannesburg, à Abidjan ou à Kampala, les marchés du travail sont très hétérogènes, les données RH souvent incomplètes, et les dimensions culturelles, sociales et informelles jouent un rôle majeur dans la gestion des talents.

Dans ce contexte, l’IA ne peut pas être un outil importé tel quel. Elle doit être adaptée, contextualisée et utilisée comme un outil d’aide à la décision, et non comme un substitut au jugement humain. La même recommandation vaut d’ailleurs pour les initiatives de transformation digitale.

La connaissance du terrain, la compréhension des dynamiques sociales locales et la capacité à gérer la complexité humaine restent des compétences centrales que l’IA ne remplace pas.

 

Vers un DRH Augmenté plutôt que Remplacé

La vraie question n’est donc pas de savoir si l’IA va remplacer les responsables RH, mais si ceux-ci sauront évoluer vers un rôle de DRH Augmenté. Il s’agira au DRH d’être capable de dialoguer avec les données, de comprendre les outils technologiques, tout en conservant une forte intelligence émotionnelle, relationnelle et organisationnelle.

Cela impliquera de nouvelles compétences : culture data, compréhension des modèles d’IA, capacité à challenger les résultats produits par les algorithmes, mais aussi leadership, éthique et sens du dialogue social.

L’IA deviendra alors un partenaire, un accélérateur de performance et un outil de légitimation stratégique de la fonction RH.

 

En conclusion : une opportunité à condition d’être proactive

En Afrique, l’intelligence artificielle n’est ni une menace inévitable ni une alliée automatique pour les Ressources Humaines. Elle constitue une opportunité stratégique pour les DRH qui acceptent de transformer leur rôle, leurs compétences et leur posture au sein de l’entreprise.

Les organisations qui sauront utiliser l’IA pour renforcer la dimension stratégique et humaine des RH prendront une longueur d’avance. Celles qui subiront la transformation risquent, en revanche, de voir leur fonction marginalisée.

Au final, l’IA ne remplacera pas les DRH. Elle remplacera surtout l’inaction.

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