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Afrique 2026 : pourquoi les entreprises n’ont plus le droit à l’approximation

Updated: Jan 11

Comment je vois les choses


L’Afrique aborde l’année 2026 à un moment décisif. Le continent continue d’afficher une croissance économique résiliente (autour de 4 % en combinant les sources), dans un environnement mondial pourtant incertain. Mais cette croissance, contrairement aux idées reçues, ne bénéficie plus automatiquement à toutes les entreprises. Elle est devenue plus sélective, plus exigeante et surtout plus compétitive.


Les marchés africains ont changé ; les clients sont plus informés, plus volatils et moins indulgents. La concurrence ne vient plus seulement des acteurs historiques, mais aussi de fintechs, de plateformes digitales, de startups agiles. Cela s’était déjà vu dans les télécoms ; cela concerne dorénavant la plupart des secteurs. Dans ce contexte, la taille ou l’ancienneté ne protègent plus ; un nouvel acteur et de taille modeste peut aisément chambouler l’équilibre observé durant des années dans un marché.


La transformation digitale, longtemps perçue comme un projet parmi d’autres, est désormais un socle incontournable. Mobile money, plateformes numériques, services dématérialisés : l’Afrique a démontré sa capacité à innover par saut technologique. Mais soyons lucides : beaucoup d’entreprises ont digitalisé des outils, sans transformer réellement leurs processus, leur culture ou leur manière de décider. Elles se sont cantonnées à l’aspect technologique de la chose, sans l’appréhender de manière holistique.


L’intelligence artificielle illustre bien cette ambivalence. Très présente dans les discours, elle reste encore trop souvent un gadget managérial ; et est donc utilisée pour des usages dont la valeur ajoutée au niveau de l’entreprise est en-deçà de son potentiel. Sans données fiables, sans compétences internes et sans vision claire, l’IA ne crée pas de valeur durable. En 2026, l’enjeu ne sera pas de « faire de l’IA », mais de prendre de meilleures décisions grâce à elle.


Les opportunités sectorielles sont pourtant réelles : télécoms, finance, assurance, agriculture, etc. Mais elles s’accompagnent de défis persistants : accès au financement, fragmentation réglementaire, pénurie de talents, infrastructures limitées. À cela s’ajoute un mal bien connu des organisations africaines : l’écart entre la stratégie formulée et la stratégie exécutée. On peut d’ailleurs lire dans l’édition 2026 du Baromètre SAC International des CEO en Afrique subsaharienne que « l’exécution est le principal point de fragilité et le champ de bataille des entreprises africaines ».


C’est là que le leadership devient déterminant. Les modèles importés montrent leurs limites (complexité exagérée, opérationnalisation impossible, illusion du « one size fits all »). L’Afrique a besoin d’un leadership plus pragmatique, ancré dans les réalités locales, data-oriented, capable de conjuguer vision, discipline d’exécution et capacité à embarquer les équipes dans la durée.


En définitive, l’Afrique de 2026 ne sera ni un eldorado automatique, ni un marché à subir. Elle sera un terrain de vérité. Les entreprises qui réussiront ne seront pas celles qui auront les plus beaux plans stratégiques, mais celles qui sauront transformer leurs ambitions en impact mesurable.

Le temps des intentions est derrière nous. L’heure est à l’exécution.

 

Jean-Jacques ESSOME BELL

Managing Director SAC International

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